Un incontournable space opera... (tome 1)

Par 18 mars 2017 à 22:30

J'avais découvert Dan Simmons grâce à un autre de ces romans de SF, Illium, qui était époustouflant dans sa première partie mais partait un peu en vrille dans le tome 2 (Olympos). Rien de cela ici, dans son premier grand roman de science-fiction, Hyperion, qui garde un souffle épique du début à la fin, avec un final d'ailleurs remarquable de surprise et de cohérence.

C'est sans doute l'une des premières oeuvres où l'auteur met en place une trame multi-voies en suivant des groupes de protagonistes différents dont les chemins se croisent, se séparent, se recroisent et finissent par tous converger dans un magnifique épilogue. Ce type de narration "en delta" (avec des bras de fleuves qui suivent des chemins en apparence divergents pour finir par tous se rejoindre dans un même océan) est assez courant en SF mais rarement un auteur n'est parvenu aussi bien que Simmons dans cet Hyperion à tracer autant de sillons parallèles sans s'empêtrer lui-même dans ses propres méandres...

Au-delà du classique parallélisme de personnages dont on ne sait pas toujours bien au début ce qui pourrait les rapprocher il y a en outre ici, dans le génie créatif de Dan Simmons, un jeu sur l'écoulement du temps via un lieu mythique au nom très lyrique, les "tombeaux du temps". Autour de ce site erre un fantomatique guerrier apparemment invincible qui semble justement maîtriser le cours de ce temps : le gritche. Ce gritche apparaît comme à mi-chemin entre une créature monstrueuse et un dieu ; il rappelle par certains aspects le minotaure et devra jouer semble-t-il un rôle essentiel, mais non révélé, dans l'avenir de l'humanité. Celle-ci se trouve dans le récit confrontée à une autre race dans un combat apparemment sans merci où interviennent également des intelligences artificielles alliées des humains...

Je ne vous en dis pas plus pour ne pas lever complètement le voile sur ce magnifique space opera que je n'hésiterai pas à estimer l'un des cinq meilleurs de ceux que j'ai pu lire... et le gritche sait que j'en ai lu de très nombreux !