Un petit bijou d’humanisme bienfaisant

Par 16 avril 2020 à 16:15

(une chronique de Nicolas Fanuel)

Temporairement exilé dans une maison isolée du Jura, Yvan fait le point sur sa vie. Il vient d’avoir 50 ans, il a perdu son job, mais également son père et sa mère, tout cela en un laps de temps assez court. Entre un héritage à gérer, une multitude d’objets ayant appartenus à ses parents et dont il a du mal à se défaire, ses propres possessions entassées dans des caisses encore à trier, il a de quoi s’occuper. Et pourtant, l’énergie et l’envie lui manquent.

Yvan se souvient de sa jeunesse, du regard qu’il portait à l’époque sur les cinquantenaires et il éprouve un peu de mal à trouver un deuxième souffle. Bien entouré, soutenu par des amis et par sa femme et ses enfants (même s’ils se voient peu souvent), il fend du bois, fait de longues promenades, discute beaucoup et se convainc que non, il ne fait pas une dépression.

On retrouve ce qui fait le charme de nombreuses bandes dessinées d’Etienne Davodeau (« Les Ignorants », « Lulu femme nue » ou « Le chien qui louche ») : un regard tendre, compréhensif et jamais moralisateur sur ses personnages, un dessin superbe et ici particulièrement lumineux et un humour très fin et toujours à propos. Un œuvre presque philosophique, tantôt introspective, tantôt chorale : un petit bijou d’humanisme bienfaisant!