Une "petite affaire de filature"

Par 16 avril 2020 à 16:33

(une chronique de Nicolas Fanuel)

Ancien détective privé, Milo bosse pour un militaire à la retraite, le colonel Haliburton, un « bienfaiteur congénital » qui met un point d’honneur à donner leur chance aux flics déchus et autres rescapés des guerres de Corée ou du Vietnam dans son entreprise -plutôt florissante- de sécurité. Nous sommes au début des années ’80 et, entre deux rails de cocaïne, Milo arrive à garder le cap, il semble presque sage et fait en tous cas figure d’élément stable chez Haliburton.

Depuis quelques temps pourtant, il ressent comme une envie d’autre chose et quand une ancienne maîtresse de son père lui propose une petite affaire de filature très bien payée, il ne peut s’empêcher de l’accepter. Évidemment, l’affaire se révèlera bien plus complexe que prévu et Milo devra très vite recourir à ses anciennes compétences de spécialiste des armes à feu et autres engins explosifs.

Même s’il date de plus de trente ans, ce roman noir n’a réellement pas pris une ride et pourrait même très vite se réimposer comme un classique du genre. Au-delà d’une intrigue principale pétaradante et agrémentée de quelques sous-intrigues qui la tonifient si besoin était, on y sent une véritable « patte » d’écrivain, un ton à nul autre pareil. Pour vous donner une idée, disons qu’on pourrait raccrocher James Crumley à Jim Harrison pour le côté « americana » et à Donald Westlake ou Joe Lansdale pour l’humour caustique qui le berce et la nervosité permanente de son style imagé. On ne s’ennuie pas une seconde et en même temps, on ne peut s’empêcher de remarquer la qualité de l’écriture et le sens de l’observation de l’auteur. Du polar, et du tout grand art !