Guerrières du monde moderne

Par 16 avril 2020 à 17:07

(une chronique de France Thomson)

Frappée par un cancer du sein, Jeanne, la quarantaine, est rapidement quittée par un mari qui n’assume pas de voir sa femme malade. Dans la salle d’attente des chimios, elle fait la rencontre de Brigitte, touchée elle aussi par cette maladie, même si le mot maladie lui parait bien trop petit et trop étriqué pour définir cette « saloperie ». Brigitte lui présente Assia et Mélody. Des femmes qui, elles aussi, sont entrées en résistance pour espérer s’en sortir et auprès de qui Jeanne va trouver refuge.

C’est une amitié peu banale, improbable même, qui s’amorce entre ces quatre-là. Portées par une volonté et une combativité sans pareil et mues par une complicité comme seule la maladie peut en créer, elles vont aller très loin, se mettre en danger et toucher à une certaine forme de folie, au nom de l’amitié pour l’une des leurs.

Surprenante lecture que ce dernier roman de Sorj Chalandon qui avait habitués ses lecteurs à davantage de noirceur et de liens avec son histoire personnelle, dans ses précédents romans. On retrouve cependant son écriture sensible qui fait mouche une nouvelle fois dans cette histoire où il met en scène des guerrières du monde moderne pour qui l’urgence de vivre se fait vibrante. Le récit est, par moments, ponctué de quelques petites touches mélodramatiques que la force de l’écriture et les mots si justement choisis par Sorj Chalandon nous font rapidement oublier.