Une amitié entière et excessive

Par 17 avril 2020 à 16:31

(une chronique de France Thomson)

« Ariane », c’est l’histoire d’une amitié entière et excessive entre deux adolescentes, que tout oppose. L’une est timide, peu sûre d’elle et issue d’une famille coincée, qui se revendique comme bourgeoise mais n’en a ni les moyens ni les codes. La seconde, Ariane, provient d’une famille riche ; elle est belle et attire les regards. Leur relation va se construire au fil des brimades et des coups bas qu’elles infligent aux autres, dans un récit empreint de noirceur et d’une ambiance un peu malsaine qui laisse présager que cette histoire ne pourra que mal se terminer.

Cette thématique de l’amitié entre deux ados n’est pas vraiment nouvelle mais d’emblée, Myriam Leroy propose une narration enlevée, un ton grinçant, une écriture qui prend aux tripes et qui donne vie à un roman dont on ne sort pas indemne. On est très loin d’une amitié tranquille au long cours. Myriam Leroy s’attache à nous faire découvrir ses personnages au travers de leurs contradictions et de leurs faiblesses et parvient à les rendre terriblement réels. De par son décor dans le Brabant wallon des années 90, l’histoire met également en lumière quelques références et souvenirs de cette époque. Les retours vers le présent et les dernières pages du livre nous rappellent que l’adolescence est une période qui peut être très violente et dans laquelle les jeunes se trouvent projetés sans vraiment y être préparés. Un premier roman vibrant, très réussi que l’on aimera…. ou pas.