Une invitation à nous interroger

Par 17 avril 2020 à 16:36

(une chronique de France Thomson)

Théo est un jeune ado tiraillé entre ses parents séparés : une mère devenue indifférente et un père frôlant l’abîme, chaque jour, de plus près. Théo qui survit, qui voudrait ne plus être là. Hélène, professeure, qui fut une enfant maltraitée et qui essaye de comprendre ce qui ne va pas dans la vie de son jeune élève, prête à tout pour éviter le pire.

Mathis, l’ami de Théo, le seul avec qui il communique, un peu. Celui qui est là pour lui, qui comprend que Théo va mal mais qui ne sait comment faire pour l’aider, sans le trahir. La mère de Mathis, Cécile, au cœur d’un fragile équilibre familial, proche de l’implosion. Ces personnages dont les destins s’entremêlent, en proie, chacun à une forme de loyauté.

C’est un univers très sombre que Delphine de Vigan a choisi de nous dépeindre dans ce roman. Au cœur du récit, la maltraitance mais aussi la famille, la séparation, l’amour maternel.

« Les loyautés », c’est un peu comme une invitation à nous interroger, à réfléchir à nos comportements, nos mots, nos attitudes qui peuvent insidieusement, à petit feu, détruire une personne, un proche, peut-être même notre enfant.

Comme l’auteure l’écrit si justement sur la première page de son roman, les loyautés sont multiples et propres à chacun de nous. Elles peuvent être source du meilleur comme du pire.

Delphine de Vigan parvient une nouvelle fois à sonder l’intime de ses personnages et à nous faire partager au travers de son écriture ciselée, des émotions et des sensations qui ne peuvent laisser indifférent.