Descente aux enfers

Par 17 avril 2020 à 16:53

(une chronique de France Thomson)

Marie et Laurent forment un couple heureux. Elle travaille dans une grande banque et lui est un jeune avocat dont la carrière commence à décoller. Un soir, en quittant son travail, Marie s’aperçoit que son vélo a été vandalisé. Elle appelle Laurent car elle a besoin d’être rassurée mais elle sait qu’il a une réunion importante ce soir et qu’il ne pourra venir la chercher. Sur ses conseils, elle se décide à rentrer en métro. Quelques mètres plus loin, son directeur d’agence lui propose de la déposer chez elle. Marie hésite, gênée de se retrouver dans une telle situation, puis finit par accepter. Le trajet tourne au cauchemar.

Quelques jours plus tôt, Laurent et elle avaient décidé que le moment était venu d’avoir un enfant…. Après cette agression d’une sauvagerie sans nom, Marie, en proie à une profonde culpabilité et à des angoisses, sombre lentement dans une forme de folie.

Ce premier roman d’Inès Bayard est une petite bombe, un livre qui se lit d’une traite et qui remue les tripes ; une narration portée par une écriture précise et froide qui relate la descente aux enfers de cette femme et souligne le peu de considération que peuvent encore avoir certains hommes pour le corps féminin.

Cette lecture s’est imposée à moi, un peu comme un cri de détresse ; celui d’une femme dont la vie vient de basculer et qui ne s’en remettra jamais. Emportée par l’écriture et le récit de cette jeune auteure française, il m’apparaît essentiel de rappeler la nécessité de distinguer fiction et réalité. Lire n’est pas juger ; aimer un livre n’est pas cautionner ce qui y est raconté. L’humain est multiple et fragile. Inès Bayard livre ici un roman brillant, dérangeant dont il est impossible de sortir indemne.