D'une beauté à couper le souffle...

Par 13 mai 2020 à 11:17

Bien que grand lecteur de romans d'amour classiques, pour une de ses improbables raisons qu'on n'identifie jamais je n'avais pas lu ce roman avant tout récemment... A moins que ne soient en cause les 850 pages avec une petite typo dans la (mythique) collection blanche de Gallimard !

Mais rassurez-vous si vous hésitez à le lire car, en numérique, on ne perçoit pas qu'il reste encore un gros bloc de 700 pages lorsqu'on en est à la page 150 ! Et surtout, si vous aimez les œuvres d'art, vous ne pouvez simplement pas rester dans cet état de non lecteur / lectrice de Belle du Seigneur...

Il y a beaucoup à dire sur ce roman mais je vais m'attacher à mettre en exergue ce qui m'a le plus touché à sa lecture.

Sans conteste c'est la force et la beauté de l'expression des sentiments dans l'écriture de l'auteur qui à mon sens constitue la "quintessence" du texte. Albert Cohen détient le talent de relater les sentiments des personnages avec une puissance qui donne l'impression au lecteur / à la lectrice de les ressentir lui-même / elle-même.

Qu'il s'agisse, bien entendu, des sentiments amoureux (en particulier de l'héroïne) mais aussi, dans une partie notoire du récit, des sentiments de jalousie du héros, Cohen restitue le ressenti des personnages avec à la fois justesse et profondeur. Il touche aussi magnifiquement à la sensation de bonheur nostalgique chez l'héroïne qui contraste singulièrement avec les souffrances vécues dans sa relation amoureuse, en particulier dans une fin bouleversante du récit...

Plus qu'une magnifique histoire d'amour, Belle du Seigneur constitue l'histoire de deux amants magnifiques qui tentent de préserver la passion dans leur couple. Mais la passion peut-elle traverser le temps ?